Vous cherchez à vendre ou à louer votre logement et on vous propose un DPE très avantageux à un prix bas ? Méfiance.
Ce qu’on appelle un DPE de complaisance est un diagnostic énergétique volontairement faussé pour obtenir une meilleure classe que la réalité.
Cette pratique est interdite et peut coûter très cher à toutes les parties : vendeur, acheteur et diagnostiqueur. Dans cet article, nous vous expliquons comment la reconnaître et pourquoi il est dangereux d’y avoir recours.
Un DPE de complaisance est un diagnostic de performance énergétique réalisé de manière frauduleuse. Le diagnostiqueur sous estime volontairement les consommations d’énergie ou sur isole l’amélioration du logement pour lui donner une classe artificiellement haute.
Par exemple, une vieille maison mal isolée qui mériterait un F ou un G se retrouve classée D ou C sur le papier.
Ces faux diagnostics sont souvent proposés à des prix très bas, bien en dessous des tarifs habituels. On les trouve sur certaines petites annonces ou des sites peu regardants. Le diagnostiqueur peut même ne pas se déplacer ou faire une visite trop rapide sans prendre de véritables mesures.
Attention : Un vrai DPE repose sur une méthode de calcul précise appelée 3CL. Il doit être réalisé avec un logiciel homologué par l’État. Sans cela, le document n’a aucune valeur légale.
La loi est très claire. Le DPE est un document officiel qui engage la responsabilité du diagnostiqueur. Depuis 2006 pour les ventes et 2021 pour les locations, tout logement mis sur le marché doit avoir un DPE conforme. Un DPE de complaisance est illégal car il viole plusieurs règles.
Premièrement, le diagnostiqueur doit être certifié par un organisme accrédité comme le Cofrac. Il doit aussi utiliser un logiciel obligatoire. Falsifier les données d’entrée ou truquer les résultats est interdit.
Deuxièmement, un DPE de complaisance trompe l’acheteur ou le locataire. C’est une pratique qui relève du dol, c’est à dire d’une manœuvre intentionnelle pour obtenir un consentement. La loi punit ce type de comportement.
Enfin, depuis 2021, tous les DPE sont enregistrés dans une base de données nationale gérée par l’ADEME. Un diagnostiqueur qui produit un faux diagnostic prend le risque d’être détecté lors d’un contrôle. Les autorités réalisent régulièrement des vérifications aléatoires et ciblées.
Il existe plusieurs signes qui doivent vous alerter. Un vrai DPE suit des règles précises. Dès que quelque chose cloche, posez des questions ou refusez le diagnostic. Voici les principales méthodes pour détecter un faux.
Le prix d’un DPE normal est compris entre 100 et 250 euros selon la surface du logement. Si on vous propose un DPE à 50 ou 70 euros, c’est suspect.
Un prix trop bas signifie souvent que le diagnostiqueur a bâclé son travail ou qu’il ne s’est même pas déplacé. Méfiez-vous aussi des offres groupées avec d’autres diagnostics à des prix anormalement bas.
Le diagnostiqueur doit visiter toutes les pièces. Il doit mesurer les murs, les fenêtres, la toiture, et noter chaque élément. Il doit aussi prendre des photos pour prouver sa visite.
Si vous n’avez pas vu le professionnel ou s’il est resté moins de 30 minutes pour une maison de 100 mètres carrés, c’est mauvais signe. Un vrai DPE demande au moins une heure pour une maison standard.
Posez-vous la question : votre maison est-elle vraiment économe ? Si vous avez des murs froids, des courants d’air, des fenêtres simple vitrage et une vieille chaudière, vous ne pouvez pas obtenir un C ou un B. Un logement sans isolation correcte est forcément en F ou en G.
Un résultat trop beau par rapport à ce que vous ressentez est le signe le plus évident d’un DPE de complaisance.
Avant d’acheter ou de vendre, utilisez un outil comme notre simulateur DPE. Entrez les vraies caractéristiques de votre logement : type de chauffage, année de construction, isolation, menuiseries. Le simulateur vous donnera une classe probable.
Si un diagnostiqueur vous donne deux classes au-dessus, demandez lui des explications. Cette vérification simple permet d’éviter 90 % des arnaques.
Tout DPE valide comporte un numéro unique enregistré auprès de l’ADEME. Vous pouvez aller sur le site de l’ADEME et saisir ce numéro pour voir si le diagnostic existe vraiment.
Les faux rapports utilisent souvent des numéros inventés ou des numéros déjà utilisés pour un autre logement. Ne faites jamais confiance à un DPE sans vérifier ce point.
Un vrai rapport DPE fait plusieurs pages. Il détaille les déperditions thermiques par élément. Il donne des préconisations de travaux personnalisés. Il affiche les consommations en kilowattheures par mètre carré et par an.
Un rapport trop court, avec des informations vagues ou des calculs absents, est très probablement un faux. Les diagnostiqueurs sérieux utilisent des logiciels qui génèrent des rapports complets et normés.
Un DPE de complaisance n’est pas seulement illégal. Il expose toutes les parties à des problèmes graves. Que vous soyez acheteur, locataire ou diagnostiqueur, les conséquences peuvent être lourdes.
Si vous achetez ou louez un logement sur la base d’un faux DPE, vous allez payer les frais de la tromperie. Le jour où vous voulez chauffer la maison, vous vous rendez compte que la facture est deux ou trois fois plus élevée que ce qu’on vous avait annoncé.
Vous avez alors deux options :
Un diagnostiqueur qui produit un DPE de complaisance prend des risques énormes pour son métier. S’il est contrôlé, il perd sa certification. Sans certification, il ne peut plus exercer. Il peut aussi être radié des annuaires professionnels et ne plus jamais travailler dans le diagnostic immobilier.
En plus de cela, sa réputation est détruite. Les agences immobilières et les notaires refusent de travailler avec un diagnostiqueur connu pour des fraudes. Les clients potentiels le fuient. Un seul faux DPE peut mettre fin à une carrière entière.
La loi punit sévèrement les DPE de complaisance. Les sanctions sont différentes selon qui est responsable : le bailleur qui a commandé le faux diagnostic ou le diagnostiqueur qui l’a fabriqué.
Le bailleur, c’est-à-dire le propriétaire qui vend ou qui loue, n’est pas innocent s’il a commandé un DPE de complaisance en connaissance de cause. Il peut être poursuivi pour tromperie. La peine maximale est de deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.
Dans la pratique, les juges prononcent surtout des amendes civiles et des dommages et intérêts. Par exemple, un vendeur qui a caché la vraie classe énergétique peut être condamné à verser la différence entre le prix payé et la valeur réelle du bien. Des affaires récentes ont abouti à des condamnations de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Le bailleur risque aussi de devoir réaliser les travaux lui-même. Si l’acheteur obtient l’annulation de la vente, le propriétaire récupère un logement invendable sans un nouveau DPE honnête.
Pour le diagnostiqueur, les sanctions sont professionnelles et financières. La première est la suspension ou l’annulation de sa certification par l’organisme accrédité. Sans certification, il ne peut plus établir aucun DPE ni aucun diagnostic obligatoire.
Ensuite, il peut recevoir une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros pour un particulier et 7 500 euros pour une personne morale.
Mais ce n’est rien comparé aux dommages et intérêts qu’un acheteur peut lui réclamer. Si un acheteur prouve qu’il a perdu 30 000 euros à cause d’un faux DPE, le diagnostiqueur devra les payer.
Enfin, son nom peut être inscrit sur une liste noire tenue par les organismes de certification. Les agences immobilières et les notaires consultent cette liste. Il devient alors impossible de retrouver du travail dans le secteur.